Association Nous Autres

 

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1003 Lausanne - Suisse

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Une association de professionnels de la santé, du social et de l’éducation oeuvrant pour une nouvelle éthique de la relation.

  • Notre éthique de travail et de réflexion:

« Le langage est le plus habile marqueur de l'exclusion. Entre nos jargons professionnels et le latin des prêtres, la distinction est infime. Vouloir sauver du naufrage le radeau des exclus sans adopter le langage des marins et des gens de la mer est utopique. Pire, nous risquerions alors de couler avec eux. D'où, dans ce texte, un abondant usage de métaphores, passerelles linguistiques au-dessus des océans, entre notre continent de richesses à portée de main et ceux où vivent les exclus d'ici et d'ailleurs. Tentative personnelle pour (ré)introduire l'exclu dans le monde de la communication. Premier pas pour prévenir la maltraitance de l'exclusion. » Jean-Claude Métraux

 

Notre propos se fonde sur la conviction qu’il est possible d’imaginer des approches thérapeutiques, sociales et pédagogiques qui permettent de soulager la souffrance sociale sans pour autant renier notre mandat de professionnel de la santé, du social ou de l’éducation et dévouer l’essentiel de nos forces à la scène politique. La construction de ces approches passe par l’emprunt et la réélaboration de concepts originairement issus du langage sociologique, anthropologique ou philosophique, en particulier ceux d’appartenance, de don et de reconnaissance, ainsi que par la prise en compte conjointe des dimensions individuelle et collective.

Copyright Gabrielle Tschumi - www.gabdessine.ch
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  • Notre public :

D’un côté « les gens de la mer » : les personnes affectées de souffrance sociale, des migrants en situation de grande précarité aux chômeurs de longue durée, des jeunes flirtant avec la violence aux hommes et femmes sans domicile fixe, des enfants et adultes luttant jour après jour pour leur survie cherchant dans le voyage qu’offrent les substances illicites d’improbables issues. Plutôt que de les reléguer au rang de naufragés, de victimes, de bénéficiaires de nos savoirs et expériences, nous préférons parler de marins, terme qui souligne leur volonté et leur capacité de tenir entre leurs mains le gouvernail de leurs vies.

 

De l’autre côté se trouvent « les gens de la terre » : les privilégiés dotés d’un sentiment de reconnaissance que cela soit en termes d’une citoyenneté, d’une place dans la société, d’acteur social à part entière. Parmi ces nantis des personnes qui professionnellement se penchent sur les accoutumés de l’impuissance et de l’injustice, empoignent leurs jumelles pour déceler les frêles embarcations des gens de la mer, scrutent en quête d’indices leurs visages : des psychothérapeutes aux autres soignants, des travailleurs sociaux aux enseignants, des chercheurs en sciences sociales aux politiciens.

 

Entre gens de la mer et gens de la terre nous voyons trop de falaises ; mais aussi la nécessité de rivages où ils pourraient se rencontrer. Nous Autres proposons d’en imaginer.